Un appartement meublé à Paris avce Apariscommechezsoi

Airbnb, le site américain de locations entre particuliers, va-t-il tomber à cause d’un juge de New York ? Son fondateur riposte.

Mardi 21 mai, un dénommé Nigel Warren a été condamné à une amende de 2.400 dollars pour avoir sous-loué trois nuits son appartement de Manhattan à une touriste russe pour 300 dollars, via le site de location de logements entre particuliers Airbnb. Problème : selon la loi en vigueur aux Etats-Unis, un individu ne peut tirer de revenus d’une location courte, c’est-à-dire de moins de vingt-neuf jours, à moins de se déclarer hôtelier ou d’être présent dans l’appartement le temps de la location…

« Nous sommes en total désaccord avec cette décision de justice, répond officiellement Airbnb. C’est une mauvaise interprétation de la loi sur ce que l’on appelle l’espace partagé. Et cela ne signifie en aucun cas que Airbnb est illégal à New York. » Autre argument avancé par Airbnb : les locations proposées par les membres de la communauté sont complémentaires de l’industrie hôtelière et non en concurrence directe. Un travail de « mapping » mené par la société californienne tente d’ailleurs de montrer que les logements complètent l’offre professionnelle existante et permettent de doper le tourisme dans les villes. La firme ne devrait donc pas en rester là. Airbnb a envoyé un avocat pour défendre le particulier condamné, lequel a désormais 30 jours pour faire appel de la décision de justice.

Ce jugement pourrait cependant refroidir les loueurs, qui ont fait le succès d’Airbnb. Le principe est simple : le site permet de louer son appartement lorsqu’il est vacant, histoire d’arrondir ses fins de mois. Une formule qui a connu un engouement fulgurant. En cinq ans, son fondateur, Brian Chesky (dont Management publie un long portrait dans le numéro actuellement en kiosque), a récolté plus de 300.000 adresses à la location saisonnière dans 40.000 villes et 192 pays. Les deux villes piliers de son business ? New York et… Paris.

Heureusement pour Airbnb, la réglementation française reste plus tolérante en la matière. Même si la mairie de Paris a durci le ton ces dernières années en soumettant cette activité à autorisation, les propriétaires hexagonaux ont tout à fait le droit de sous-louer leur logement à des visiteurs de passage. « Ils sont même censés l’inscrire dans leur déclaration de revenus, dans le cadre des locations saisonnières », commente Olivier Grémillon, le DG France d’Airbnb.

Président chez JFFR-Conseils