Après avoir destabilisé les propriétaires, les professionnels de l’immobilier locatif et même les locataires qui, remontés, demandent déjà à ne plus régler d’honoraires, les instances se trouveraient-elles devant des difficultés de mise en œuvre des sanctions prévues ?

Je dis sanctions, car les propriétaires sont déboussolés. Depuis cinq ans, l’Etat a ajouté à leurs contraintes des diagnostics en nombre, des prélèvements sociaux* de 15,5% en plus des impôts sur leurs revenus locatifs, et des astreintes par rapport aux garanties exigibles. En 2013, il n’y a jamais eu autant de faillites parmi les agences immobilières, celles-là même qui les accompagnaient avec la location de leurs appartements ! Il y a de quoi se sentir seul et dégoûté.

Dans le même temps, les sociétés internationales qui représentent notre clientèle et vos locataires habituels ont baissé les budgets alloués à leurs expatriés. Beaucoup ont résilié en masse, attirés par d’autres pays plus à la mode ou plus dynamiques, tandis que les cadres dirigeants, épouvantés par leurs salaires imposés à 75%, ont demandé à être mutés à Londres. Et pour les locataires autres que des sociétés, les banques posent un problème lorsque le futur locataire, « argent en main », ne peut obtenir de garantie bancaire !

La période ne pourrait être plus négative. Toutefois, un revirement est à prévoir le jour où il apparaîtra que le marché locatif privé regresse dangeureusement pour le pays. En attendant ces jours plus équitables, il importe de garder à l’esprit le but principal : louer votre appartement afin de ne pas perdre d’argent !

Les propriétaires qui s’adapteront aux besoins des clients réussiront à passer ce cap difficile. Et voici comment :

Vos appartements à louer meublés doivent être impeccables. L’approximatif ne passe plus. Cuisines et salles de bains doivent être modernes et d’une propreté clinique.  Un grand écran et l’internet déjà installé sont impératifs. Retirez les moquettes. Mettez des tapis modernes, colorés. En revanche, restez dans le blanc pour l’appartement. N’hésitez pas à vous fournir chez Zara Home ou chez Habitat pour le linge, la vaisselle,. Achetez peu cher, mais gai, moderne. Remplacez ce qui est ébréché. Fournissez de bons matelas et de bons oreillers.

Enfin, baissez encore vos prix afin de toucher une large clientèle d’expatriés dont les budgets ont descendus d’un cran. L’important est que votre appartement ne soit jamais vide !

Afin de faire face à ces coûts supplémentaires, il serait judicieux pour ceux qui ont opté pour le régime du micro-BIC de passer au régime fiscal « réel ». Bien que cela représente un travail de comptabilité, vous auriez la possibilité de déduire vos achats, les travaux de réparation, les charges de syndic de copropriété, la taxe foncière, l’assurance propriétaire non-occupant, l’abonnement internet, vos intérêts d’emprûnt, vos honoraires de gestion et vos honoraires de location à venir. Les propriétaires étrangers ou français vivant à l’étranger ont également la possibilité de déduire leurs frais de voyage, lorsqu’ils viennent en France pour s’occuper de leur(s) bien(s). Ce régime mérite donc une analyse faite par un conseiller fiscal dont vous pourrez aussi déduire les honoraires !

Président chez JFFR-Conseils